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Séré de Rivières face à
l'histoire
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La
crise de l'obus torpille
Alors
que survient la destitution du Général
Séré de Rivières en 1880, la France,
avec la réalisation du programme
élaboré par le comité de
défense, qui a permis de rééquilibrer
les forces entre la France et l'Allemagne, se croie enfin
protégée.
Mais, entre 1880 et 1885, trois
découvertes majeurs vont remettre en cause les
principes techniques même ayant régi la
construction de toutes ces fortifications. Ce dispositif ambitieux, qui
n'a d'équivalent que l'oeuvre de
Vauban
réalisé
150 ans plus tôt, semble dépassé avant même
d'être terminé.
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Avec l'apparition de
l'obus à mitraille ou le schrapnel, dont le
détonateur
était réglé pour le faire exploser en
l'air en
pulvérisant des billes, L'artillerie à l'air
libre, n'est
plus à l'abri. Les servants
des pièces, ne sont désormais plus
protégés.
Le deuxième coup dur intervient en 1884, avec la
découverte par l'ingénieur
Vielle
du coton-poudre gélatinisé, c'est à dire "la poudre
sans
fumée". Cet explosif sera utilisé comme charge
propulsive, débarrassant chaque tir d'artillerie de son nuage
de
fumée. Les fortifications statiques, dont la position est
connue, vont devenir de véritable "nids à obus",
car elles
ne pourront plus neutraliser efficacement une artillerie de campagne
devenue difficile à localiser.
Le coup de grâce interviendra en 1885, avec la
découverte de l'ingénieur Français
Eugène Turpin,
d'un nouvelle explosif: l'acide picrite ou "la
mélinite"
qui surpasse en puissance l'ancienne poudre noire et qui sera
utilisé pour la charge détonante des obus. Cette
découverte va permettre d'augmenter la portée des canons
ainsi
que l'effet destructeur du projectile.
En 1886, il réalisa un obus cylindro-ogival à
"explosif
brisant" utilisant la mélinite, fabriqué en acier
et non
plus en fonte. Cet obus sera doté d'un dispositif
de
retardement pour pénétrer en profondeur dans le
sol avant
d'exploser, ce qui réduit à néant les
protections
de terre recouvrant la maçonnerie des fortifications
statiques. |


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Des tests de
destruction seront réalisés sur le fort de
Malmaison. On
tirera 171 obus cylindro-ogival à explosif brisant de 155
et 220 mm. Les résultats sont sans appel. Les voûtes en
maçonnerie sont percées, les superstructures
du
fort sont bouleversées, les fossés sont
partiellement
comblés. On estime, qu'il ne faudrait pas moins de 10m de
terre
pour protéger les maçonneries des forts, ce qui
n'est pas
réalisable.
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Les ingénieurs militaires, pour faire face à ces
différentes crises apporteront plusieurs solutions:
- Mis sous
casemates
ou sous
tourelles
les canons pour une meilleure
protection.
- Dispersion des canons jusqu'alors concentrés dans
l'enceinte
d'un fort, dans de multiples
batteries
extérieures, plus
difficile à localiser.
- Recouvrir les maçonneries existantes par une couche de
béton non armé de 1.5 à 2.5m reposant
sur 1m de
sable.
- Abandonner les constructions en maçonnerie au profit du
béton spécial fortification puis à
partir de 1897
du béton armé pour les nouveaux ouvrages.
- Remplacer les
caponnières
par des
coffres de contrescarpe
en
béton.
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L'effort financier considérable,
réalisé depuis
1874, pour la mise en place d'un système
défensif,
dépassé avant même d'être
terminé, va
relancer le débat sur l'opportunité de
poursuivre le développement
d'un tel dispositif.
A l'heure où il faut faire des choix et prendre des
décisions, de véritables rivalités
vont
s'affronter, entre les tenants du tout offensif et ceux du tout
défensif, au sein des états majors, jusqu'en 1911.
Ces luttes intestines et les ambitions personnelles ne vont pas
favoriser la mise en oeuvre d'une
politique de défense cohérente.
Entre les groupes de pressions et les contraintes
économiques, on va bricoler le dispositif
élaboré
par le Général
Séré de
Rivières.
Seul
quelques forts de première ligne seront
modernisés.
Entre
1886 et 1914, 16 forts seront construits, principalement dans le quart
Nord Est, pour compléter le dispositif.
Par contre, le
rideau défensif
du Groupe Nord va être
abandonné et seul
les forts déjà sortis de terre seront
terminés et
transformés en forts d'arrêts.
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Le 24 février 1899, une commission
spéciale va
classer les places fortes en 3 catégories.
- Catégorie 1: celles qui seront
bétonnées, les
places de l'Est.
- Catégorie 2: celles qui ne seront qu'entretenues, les
places du
Nord.
- Catégorie 3: celles qui ne seront plus entretenues, les
places
de 2ème ligne.
Enfin de nombreuses positions seront abandonnées à
la veille
de la première Guerre Mondiale.
Alors que la guerre gronde, il ne reste plus grand chose du
système élaboré par le Général
Séré de
Rivières.
Avec l'arrivée du Général
Joffre
à la tête du Grand Etat Major
général de l'armée en 1911, il n'est
plus question de doctrine défensive, mais
bien de réfléchir sur un vaste plan offensif qui doit
amener les troupes Françaises à Berlin en quelques
semaines.
C'est
le fameux plan XVII, dont tout le monde a entendu
parlé, mais que personne n'a jamais vu. Il
était tellement secret, que le général
Joffre, lui même, ne se souvenait plus très bien, lors de
son
audition en
1920, de quoi il en retournait..., à par, peut-être, que
s'il n'a pas marché, ça ne pouvait être
que de la faute des poilus qui ont fait preuve de "lâcheté". Il
avait certainement oublié que sa mise en application, au mois d'août 1914,
coûta la vie à près de 300 000 soldats, et entraîna
l'occupation du nord de la France durent 4 ans et un million cinq cents
milles morts.
Pourtant, et malgré les avertissements de certains
responsables, la France, avec ses 40 millions d'habitants,
était toujours en position d'infériorité, face
à
une Allemagne de 60 millions d'habitants. A la déclaration de guerre, pour maintenir l'équilibre, la
France devra mobiliser jusqu'à la classe 1887, c'est à dire les personnes
valide jusqu'à 47 ans, alors que les plus vieux soldats Allemands n'avaient que 29 ans... |


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